L’hydrogène pourrait aussi servir à produire des carburants synthétiques

C’est une idée qui fait son chemin. Faute de pouvoir mettre en place une infrastructure adaptée rapidement, l’hydrogène pourrait aussi être mis en contribution pour obtenir des carburants faibles en carbone et distribués dans les pompes classiques.

Pressés de réduire très fortement leurs émissions de CO2, et obligés d’électrifier leurs gammes à marche forcée, les industriels de l’automobile s’exécutent. Mais, ils préviennent régulièrement les pouvoirs publics que l’infrastructure ne suit pas. Et ce problème se rencontre aussi bien pour les véhicules à batterie (on ne dispose que de 33 000 points de charge dans l’hexagone alors que 100 000 étaient promis pour 2022) que pour l’hydrogène, qui part d’encore plus loin (un peu plus de 500 stations dans le monde, dont une quarantaine en France).

Même si l’électrique est très à la mode et que les ventes augmentent (parce que poussées aussi par les constructeurs qui veulent éviter de très lourdes amendes pour le non-respect des seuils de CO2), on sent que le secteur plaide pour une neutralité technologique. Même un Volkswagen, qui est engagé à fond dans la batterie, a œuvré par exemple en Allemagne pour faire produire des carburants (essence et Diesel) contenant 33 % de matières renouvelables. L’équipementier Bosch, qui vient d’annoncer récemment un milliard d’euros dans l’investissement dans l’hydrogène, est aussi convaincu que la Commission Européenne fait fausse route en se focalisant uniquement sur l’électrique. Récemment encore, le PDG Volkman Denner taclait la future norme Euro 7 dans l’automobile (prévue pour 2025), jugée trop sévère, et appelait Bruxelles à considérer aussi les carburants renouvelables (qui peuvent faire appel à l’hydrogène).

Et dans ce combat, l’équipementier allemand vient de gagner un allié qui n’est autre que… Toyota. Celui qui a cru avant tout le monde à l’hydrogène et qui veut développer la technologie dans tous les segments de la mobilité, commence à dire également que l’hydrogène pourrait aussi servir dans des moteurs à combustion interne. Le constructeur rappelle qu’il y a 1,4 milliard de véhicules en circulation dans le monde et que la quasi-totalité fonctionne avec un moteur thermique. L’utilisation d’hydrogène pour produire du carburant synthétique aurait pour avantage de réduire les émissions de CO2, tout en utilisant une infrastructure existante.

Jusqu’à présent, Toyota avait simplement annoncé vouloir explorer cette voie en compétition avec une Corolla Sport, amenée à courir au Japon dans le cadre des 24 h de Fuji.

Evidemment, cela ne veut pas dire que le géant japonais renonce à la pile à combustible. Il continue d’investir et y croit plus que jamais. Mais, alors que les besoins se font sentir dans la mobilité lourde (bus, camions, bateaux, avions), il se montre pragmatique et estime qu’il faut tenir compte des marchés locaux. Malgré le lancement d’une nouvelle Mirai, et même si le climat est favorable à l’hydrogène dans de nombreux pays, il y aura sans doute des usages différents. On trouvera donc des véhicules à pile à combustible, qui s’alimenteront en hydrogène gazeux, mais également des véhicules plus conventionnels dont le moteur thermique fera le plein dans des stations classiques avec un carburant liquide bas carbone (issu d’une combinaison entre l’hydrogène et le CO2).

A la base, la matière première sera un hydrogène bleu ou vert. 

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