Le groupe électrogène à hydrogène : un produit d’avenir ?

Anticipant sur la disparition des groupes électrogènes au Diesel dans les villes, et privilégiant ce type d’énergie pour tendre vers la neutralité carbone, des PME et start-up développent des produits qui sont utilisés sur les chantiers, dans les concerts et même sur des sites touchés par des catastrophes naturelles.


Vous connaissez peut-être Pragma Industries, ce fabricant de vélos à hydrogène basé à Biarritz ?

La PME a développé avec l’aide de la société Apollon Solar un groupe électrogène d’urgence à hydrogène. Il a pour nom le TREKHY. Conçu pour répondre aux situations de crise, en tant que système autonome de production d’énergie électrique, il a été commandé par le Japon. Avec un tel appareil, en cas de typhon ou de tremblement de terre, il devient possible d’assurer la recharge de téléphones et tablettes, le fonctionnement de liaisons radios, ou encore le maintien d’un éclairage local. Il se distingue par sa portabilité, sa compacité et sa robustesse.
Concrètement, ce système intègre une pile à combustible ainsi qu’un réacteur à hydrogène qui a pour nom le GENNAO H2. Il suffit de verser de l’eau (même souillée) dans le réacteur à hydrogène et d’y ajouter un sachet de poudre réactive d’un poids de 50 g. La réaction chimique fournit alors immédiatement de l’hydrogène à la pile à combustible du TREKHY qui génère de l’énergie électrique pour une durée d’une heure. Et le bon point, c’est que les sachets usagés – non polluants – peuvent être jetés à la poubelle.

D’autres acteurs proposent également des groupes électrogènes H2. C’est par exemple le cas de PowiDian, une société fondée par des anciens d’Airbus. Elle propose des stations autonomes de production d’énergie, ainsi qu’un générateur qui a pour nom Mobhyl Power. D‘une puissance de 30 kW, ce produit est adapté aux chantiers. C’est d’ailleurs un grand nom du BTP, VINCI, qui l’a utilisé en avant-première sur son ponton maritime « Ouistreham » au Havre (Seine-Maritime). Le dispositif – qui ne génère ni bruit, ni odeur, ni CO2, mais uniquement de la vapeur d’eau – est capable d’absorber aisément de forts appels de puissance sur de courtes durées, permettant ainsi à l’entreprise de remplacer plusieurs groupes électrogènes diesel par une seule pile à hydrogène. Même si l’autonomie est nettement inférieure, pour le moment, VINCI y voit un avenir pour un secteur de la construction plus vertueux et décarboné.

A Belfort, le groupe électrogène H2 est le produit qui a permis à la start-up H2SYS de se lancer. Elle a présenté un premier produit dès 2016 à la Foire de Hanovre. Baptisé BOXHY, ce produit répond à des besoins de puissance compris entre 500 W et 8 kW. Il a déjà servi pour l’alimentation des épreuves sportives à l’occasion des Jeux internationaux de la jeunesse (JIJ) en 2018 à Vesoul. Le générateur a même été utilisé pour des festivals de musique comme We love green et Rock en Seine. H2SYS a développé par ailleurs un groupe électrogène pour les pompiers, à la demande d’un client allemand. Répondant à une norme spécifique aux groupes électrogènes pour la lutte contre l’incendie (DIN 14685), il intègre une pile à combustible 3.5 kW et répond à la problématique du bruit et des gaz polluants lors des interventions. Le générateur démarre instantanément grâce aux batteries intégrées, qui servent également à gérer les appels de puissance. Elles sont pilotées par un programme qui supervise également le fonctionnement de la pile à hydrogène, en calculant en permanence la meilleure façon de délivrer l’énergie demandée, tout en réduisant la consommation d’hydrogène. Côté interfaces, les différentes prises en façade permettent de connecter plusieurs outils en simultanés tels que des pompes, les mats d’éclairage ou des appareils de communication.

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