Le bus à hydrogène : un marché prêt à décoller ?

Si certaines villes font aujourd’hui figure de pionnières, de plus en plus de collectivités souhaitent se doter de bus à hydrogène. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour le seul fabricant français, Safra, qui prépare son passage à l’échelle.

Tout a commencé en 2019 avec deux projets emblématiques : celui de Béthune (Artois-Gohelle) dans les Hauts-de-France et celui de Pau en Nouvelle-Aquitaine. Puis, il y a eu d’autres mises en service comme à Versailles (Yvelines) et au Mans (Sarthe). En région Bourgogne-Franche-Comté, il y a aussi la volonté de faire circuler des bus à hydrogène. Ce sera le cas par exemple à Auxerre (Yonne), où une station multimodale permettra dès cette année d’alimenter des bus exploités par Transdev sur la ligne 1 du réseau LEO. On peut aussi mentionner Dijon, qui prévoit d’élargir au transport public (180 bus à terme) l’hydrogène qui sera d’abord utilisé par des bennes à ordures ménagères. Il ne faut pas oublier non plus Belfort (Territoire-de-Belfort) qui veut convertir la flotte de son réseau Optymo.

En vérité, les projets essaiment un peu partout en France. Récemment, l’ADEME a publié la liste des premiers lauréats de son dernier appel à projet sur les écosystèmes territoriaux de l’hydrogène. Les bus H2 apparaissent dans des projets à Cannes (Alpes-Maritimes), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Brest (Finistère), ou encore Rouen (Seine-Maritime). Et ce n’est sans doute qu’un début.

C’est plutôt de bon augure pour Safra, le seul fabricant français basé à Albi (Tarn). Il produit le Businova H2 avec des piles à combustible de technologie française. Il se fournit en effet auprès de Symbio) (la coentreprise entre Faurecia et Michelin), avec qui il vient de passer un accord pour équiper 1500 bus au format 12 mètres, disponibles à partir de décembre. Le fabricant a investi pour doubler la taille de son atelier de fabrication en vue de réduire significativement le temps et le coût de fabrication. “Cette première étape va nous permettre de produire rapidement 140 bus par an. L’étape suivante sera encore plus ambitieuse puisque nous prévoyons en tout un investissement de 100 millions d’euros sur 10 ans, pour produire plus et plus rapidement afin de générer une baisse notable des coûts”, indique Vincent Lemaire.

Vincent Lemaire, Président du Groupe Safra

Qu’est-ce qui rend ce fabricant si optimiste ?

La loi de transition énergétique va conduire à l’obligation d’achat de bus propres pour des liaisons de service public (1 sur 2 en 2020, 100 % en 2025 avec du biogaz, de l’électrique ou de l’hydrogène). L’Europe pourrait d’ailleurs s’aligner en 2025 sur les positions françaises. Les centrales d’achat comme l’UGAP référencent ce type de bus pour les rendre plus accessibles aux collectivités. De plus, il existe des aides. Dans le cadre du plan de relance, un bonus de 30 000 € est prévu pour les autobus et autocars à hydrogène.

Pour le moment, Safra fait partie des rares producteurs de bus H2 avec le belge Van Hool, le polonais Solaris et…. Toyota. Le géant japonais travaille en effet avec le portugais Caetano et a des ambitions pour développer ce marché (il fait déjà des bus au japon). Toutefois, le bus à hydrogène est un sujet qui monte en Europe, où les projets montés par le FCH-JU* (Jive et Jive 2) ont permis de réduire de façon significative les coûts. La situation devrait générer à terme l’arrivée de concurrents, qu’il s’agisse de constructeurs classiques (Iveco, Mercedes) ou de nouveaux concurrents asiatiques (comme par exemple Hyzon Motors).

*(Fuel Cell & Hydrogen Joint Undertaking : un partenariat public privé qui fait la promotion de l’hydrogène)

http://www.safra.fr

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