Hydrogène et alcool : l’association improbable

Du gin à la vodka, l’hydrogène permet de faire des boissons décarbonées, y compris à partir des eaux usées. Voici quelques exemples.

Lors d’un récent webinaire franco-coréen sur l’hydrogène, organisé par le pôle Véhicule du Futur*, la société EN a présenté un procédé de production à bas coût et respectueux de l’environnement. Elle fait appel à une électrolyse microbienne. A partir des eaux usées, la réaction chimique génère du gaz qu’on peut transformer en hydrogène, tout en réduisant la pollution de ces mêmes eaux. La société coréenne a appliqué son procédé dans une distillerie qui produit du Soju (un spiritueux local à base de blé, d’orge ou de patate douce, qui est le plus vendu au monde, loin devant la vodka ou le whisky) et dans une autre qui fait du Magkolli (un autre alcool à base de riz). La même entreprise a aussi réalisé un test aux Etats-Unis dans une distillerie de vin de la Napa valley. Elle serait ravie de pouvoir appliquer sa technologie en France, où les producteurs de vin ne manquent pas.

L’Ecosse avait déjà montré la voie dès 2019, avec une autre approche. Mené dans les îles Orcades, le projet Hy-Spirits consiste à utiliser de l’hydrogène au lieu de carburants fossiles comme le kérosène ou le gaz de pétrole liquéfié. Il va s’appliquer à la production de gin (ou plutôt d’hydro-gin) avec Orkney Distilling et de whisky avec Highland Park. Le projet est coordonné par un centre spécialisé dans les énergies marines (European Marine Energy Centre : EMEC) avec l’université d’Edimbourg et concernera deux distilleries de gin, Orkney Distilling. L’Ecosse y voit une opportunité pour décarboner un secteur d’activité qui fait rayonner le pays.

Plus étonnant : une start-up de Brooklyn, Air Company, développe une vodka à partir de l’air ambiant. Sa technologie permet de capter le CO de l’air ambiant et de le combiner avec de l’eau à travers une chaudière électrique alimentée par des panneaux solaires. L’eau est divisée en oxygène et en hydrogène (combiné au CO2 dans un réacteur spécial). C’est ainsi qu’on peut obtenir de l’alcool, qui est distillé pour en faire une boisson neutre en carbone.

*Un pôle de compétitivité sur l’automobile basé en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Il travaille depuis des années sur l’hydrogène et a noué un partenariat avec le CTP, un centre de recherche coréen.

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