De l’hydrogène dans les moteurs thermiques en compétition ?

Alors que la tendance est plutôt d’intégrer des piles à combustible dans les voitures de course, comme ce sera le cas à partir de 2024 aux 24 heures du Mans, une autre voie est possible selon des préparateurs.

Utiliser de l’hydrogène comme carburant, tout en conservant le moteur thermique ? C’est une idée qui fait son chemin chez certains industriels. Après tout, alimenter un moteur à combustion interne par de l’hydrogène (gazeux ou liquide) a déjà été fait dans le passé par BMW, Ford et même Mazda (sur une RX7). Mais, le rendement n’était pas vraiment à la hauteur. Plus surprenant, ce choix technique a été fait en compétition en 2013, lors des 24 Heures du Nürburgring, en Allemagne. Sur une Aston Martin, la société autrichienne Alset a utilisé une technologie révolutionnaire qui nécessitait de modifier simplement la calibration du moteur et les bougies. C’est grâce à un système de gestion sophistiqué que l’auto pouvait gérer le type de carburant (essence ou hydrogène), et sans danger. L’Aston Martin embarquait donc de l’hydrogène, stocké à une pression de 350 bars dans 4 réservoirs d’un poids total de 3,5 kg (2 près du pilote et 2 autres dans le coffre).

Apparemment, Alset n’existe plus, mais un autre acteur a envie de prendre le relais. Récemment, Pipo Moteurs a fait savoir tout le bien qu’il pensait de cette solution. Si le nom vous intrigue, ce n’est pourtant pas une blague :). Il s’agit d’une société française située à Guilherand-Granges, dans le département de l’Ardèche, à quelques kilomètres de Valence (Drôme). Elle est spécialisée dans la conception, le développement, la fabrication, la maintenance et la mise au point de moteurs destinés à la compétition automobile. Elle a travaillé avec des marques comme BMW, Citroën, Ford, Hyundai, Peugeot et a remporté 5 titres de champion du monde constructeur WRC ainsi que deux titres de champion du monde WRX.

Ayant déjà de l’expérience en endurance, Pipo Moteurs s’attaque d’ailleurs aux 24h du Mans dans le cadre de la nouvelle catégorie Hypercar. La structure a été choisie pour développer le V8 biturbo de la Scuderia Cameron Glickenhaus qui va s’engager cette année pour rivaliser avec Toyota et Alpine (en attendant Audi et Peugeot).

Frédéric Barozier, le dirigeant de l’entreprise, voit plus loin. Il est convaincu qu’un moteur à combustion interne, fonctionnant à l’hydrogène, est plus simple et moins coûteux à développer et produire que la pile à combustible. C’est pour lui une solution accessible à court terme et plus respectueuse de l’environnement. Il est allé partager sa vision auprès de la Task Force pour le Prix du Carbone en Europe et à travers le Monde, une structure créée et dirigée par Edmond Alphandéry (ancien ministre de l’Economie). L’initiative a le soutien de plusieurs entreprises européennes de premier plan, d’économistes, d’institutions internationales et de personnalités politiques de tous horizons.

Reste à voir comment la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) va accueillir l’idée.

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